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Shaka Ponk : Rock, zen, punk et écolo !

Shaka Ponk : Rock, zen, punk et écolo !

Le 27/04/2018

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L’écologie est dans l’ADN de Shaka Ponk. Groupe bouleversant de rage et d’amour sur scène, zen et simple dans la vie, comme Frah lors de notre entretien dans leur studio à Paris, près du Bataclan. Pour le chanteur, la crise écologique, c’est l’urgence du siècle. La solution est d’abord dans l’individu dont la réelle liberté sur terre est de se changer lui-même…

Bio express

Shakaponk Bio express Casual

© Denis Rouvre

2004, Berlin. Un collectif « de potes avec la passion de la musique et des images », la furieuse envie d’échanges et de changement donne naissance au groupe électro-rock Shaka Ponk. Un sextet avec Frah et Sam (chant), Mandris (basse), Cyril (guitare), Ion (batterie), Steve (clavier et samples) et Goz, la mascotte, un singe virtuel.

Moteur du renouveau du genre en France, le groupe se distingue par l’utilisation de différents courants musicaux (heavy metal, funk, hip-hop…).

2006. 1er album.

2015. DVD en recyclé et bénéfices versés à FNH*.

2017. Sortie en novembre du 6e album, Evol, dont la pochette fait débat et le texte introductif sur le lien homme-animal résonne.

2018. Une tournée dans toute la France : live spectaculaires survitaminés, performances technologiques, visuels en 3D et personnages mutants sur fond de décors post-apocalyptiques et transe chamanique.

www.shakaponk.com

Shaka Ponk : Rock, zen, punk et écolo !

L’écologie est dans l’ADN de Shaka Ponk. Groupe bouleversant de rage et d’amour sur scène, zen et simple dans la vie, comme Frah lors de notre entretien dans leur studio à Paris, près du Bataclan. Pour le chanteur, la crise écologique, c’est l’urgence du siècle. La solution est d’abord dans l’individu dont la réelle liberté sur terre est de se changer lui-même…

Shakaponk Live

© Denis Rouvre

Shaka Ponk, le nom de votre groupe, ça veut dire quoi ?

C’est une contraction de mots à partir de Shakyamuni, nom du Bouddha, et de concepts, le zen, spirituel, et le rock, punk, à l’image du grand écart entre ce que l’homme ambitionne et la réalité de la vie ! Cela traduit l’éclectisme de nos choix artistiques. Sur scène, Shaka Ponk oscille entre zen… et moins zen !

 

Quels sont les principaux thèmes du dernier album, Evol ?

Notre fil rouge est toujours notre comportement relié au darwinisme. Que s’est-il passé dans l’évolution humaine pour que ça dégénère ? Pour qu’on ne se rende pas compte que nous allons dans le mur ? D’où le titre Evol, comme évolution. En anglais, il résonne avec evil, le mal, écho à la direction choisie par l’homme. À l’envers, on lit love, amour qui revient aussi à l’idée de Shaka. La clef du salut de notre espèce sur cette planète, c’est le respect de l’Autre. En plus, c’est la clef du bonheur. On le cherche dans des trucs destructeurs basés sur la possession. Tout l’inverse ! Contrairement aux autres espèces, nous avons les outils pour décider, or les humains ont opté pour l’autodestruction…

 

L’écologie, c’est un thème parmi d’autres ou une priorité pour vous ?

Une urgence. Il n’y a que cela qui compte ! Mais on/je comprend(s) que la vie que nous traversons en tant qu’être humain soit floue. Que dans la liste des priorités – quoi consommer, comment se déplacer en limitant son impact… – et des « catastrophes » de la journée de chacun, l’écologie ne prime pas. Aussi, nous utilisons la musique, les images, non pas pour dire « Faites ceci ou cela, arrêtez de faire n’importe quoi », mais pour montrer les points communs que nous avons avec notre public, pour échanger artistiquement parlant. En créant une proximité, on peut amorcer des sujets difficiles à entendre.

 

Des chansons emblématiques de la question écologique ?

Oui Killing Hallelujah qui ne parle pas de religion mais de spécisme. De la façon dont l’homme croit avoir le droit de vie ou de mort sur les autres êtres, celui de consommer de manière hérétique en générant pollution ou douleur…

 

Donc vous êtes vegan ?

Dans le groupe, on est six ! Chacun s’implique à son niveau. Sam et moi sommes sans doute les plus extrêmes. Tuer un animal pour faire des grolles ou pour le bouffer est inadmissible… Pour autant, celui qui mange de la viande n’est pas un assassin. À chacun son moment de prise de conscience.

 

Et dans Bunker, quel est le message ?

Nousmontrons comment dans nos pays riches on se protège à tout prix comme dans un bunker. Même si à l’intérieur c’est triste, on ne veut pas savoir ce qui se passe à l’extérieur où des gens, des pays ne vont pas bien, souvent à cause de notre mode de vie.

 

Soit, mais les gestes écologiques sont-ils suffisants ? N’est-ce pas désormais au politique d’agir ?

Oui et non. Pour régler un problème, il faut aller à sa source : l’individu. Pour schématiser, je distingue l’homme politique, l’industriel et l’individu. Le but du premier est d’être élu avant de faire des résultats. Il s’adapte à ce que l’individu a envie d’entendre. L’industriel veut des profits et ne pas se compliquer à convaincre ! Le déclencheur donc, c’est nous, les individus. Si les consommateurs s’orientent vers une autre façon de vivre, politiques et industriels suivront. Une grande masse de gens qui ont la possibilité financière ou intellectuelle aujourd’hui peuvent changer le cours de l’évolution.

 

Au plan personnel, vous souciez-vous de l’environnement ? Mangez-vous bio par exemple ?

Oui, bio, de saison, local, au maximum. Chez un commerçant, j’amène mes contenants et j’ai le réflex bocal récup’ partout ! On s’interdit l’eau en bouteille plastique, les trucs suremballés [Lors de l’entretien, le café est bio et équitable, servi dans pot de yaourt en verre recyclé ! NDLR]. Je me déplace au maximum à vélo, voire en roller. Je n’ai pas de voiture…

 

Et en tant que Shaka Ponk ?

On a interrogé FNH*, pour connaître notre impact écologique. D’abord, il y a les déplacements que nous provoquons – des milliers de voitures pour chaque concert… Des fans aux prestataires, producteurs, labels, loueurs de matériel et autres, notre activité inclut énormément de monde. Difficile d’imposer, alors nous proposons, nous jouons la concertation. Désormais lors des concerts, les gobelets SP sont consignés. Il y a des choses qu’on ne peut pas changer aussi rapidement que soi-même. J’insiste, la base du changement, c’est l’individu ! Dans ta vie personnelle, tu as le choix de faire ce que tu veux. Pas le temps, pas d’argent…, tu peux toujours imaginer des solutions, consommer autrement par exemple. Dans le cercle professionnel, c’est plus complexe, alors nous avançons par étapes.

 

Peu d’artistes s’engagent concrètement pour l’écologie…

Pas évident. D’où notre projet, The Freaks, les monstres, une mobilisation d’artistes où chacun doit s’engager à l’écoresponsabilité en suivant une liste d’écogestes à impact mesuré. Devant la liste, certains contactés s’exclament déjà : « Waouh, je pars de si loin, je vais desservir mon image ! » On leur explique : « Ce qui compte n’est pas ton image, mais ton changement ! »

 

Ça sent la contrainte, non ? Et le plaisir ?

C’est comme quand tu décides de te mettre au sport. Au final, tu te rends compte du bien-être pour ton corps ! Maintenant, quand tu achètes un produit sans faire gaffe, une part empoisonne la planète et l’autre ton corps. Réfléchir à sa consommation est plus compliqué au départ. Ne plus se dire « J’ai envie d’une tarte aux pêches » mais plutôt regarder ce qu’il y a de saison en rayon puis composer, comme on a toujours fait. Nous avons pris l’habitude d’avoir tout et immédiatement. Intoxiqués par notre façon de voir la vie, on ne se rend plus compte des absurdités. Il faut se désintoxiquer. Pour se sentir mieux, un petit chemin est à faire.

 

Et Goz, le singe virtuel qui accompagne partout les Shaka, il dit quoi ?

Il a bon dos, parce qu’il raconte tout ce qu’on a envie… [rires] Il dit « OK, toi l’homme, tu fais n’importe quoi depuis des décennies, mais on te pardonne. Ensemble, on va trouver une solution ! »

 

* Fondation pour la Nature et l’Homme, ex-Fondation Nicolas-Hulot (fondation-nature-homme.org)

Shakaponk Lord

 © Denis Rouvre 

 

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